Il y a des pays qui vous marquent au fer rouge. Le Japon en fait partie. Quand j’ai posé le pied pour la première fois sur le quai de la gare de Shinjuku, noyé dans un flot de salarymen pressés, j’ai su que ces trois semaines allaient bouleverser ma vision du voyage. Entre tradition millénaire et modernité vertigineuse, le Japon est une contradiction vivante, et c’est précisément ce qui le rend aussi fascinant.
Voici mon itinéraire complet de 3 semaines, testé et approuvé, pour celles et ceux qui veulent aller au-delà des sentiers battus tout en profitant des incontournables.
Tokyo mérite qu’on lui consacre du temps. Cinq jours, c’est le minimum pour apprivoiser cette mégalopole de 14 millions d’âmes. Shibuya, Shinjuku, Asakusa, Akihabara… chaque quartier est un monde en soi. Ne manquez pas le marché extérieur de Tsukiji au petit matin pour des sushis d’une fraîcheur inégalée. Le soir, perdez-vous dans les ruelles de Golden Gai, ces minuscules bars qui ne tiennent que par la convivialité de leurs patrons. Et offrez-vous le panorama depuis le Tokyo Skytree au crépuscule — la ville s’étend à l’infini.
À seulement 1h30 de Tokyo, Hakone est une parenthèse de sérénité. Le matin, si la météo est avec vous, le Mont Fuji se dévoile majestueusement au-dessus du lac Ashi. Plongez dans un onsen (bain thermal) en plein air — c’est l’un des rituels les plus apaisants que j’aie jamais vécus. Le Hakone Open-Air Museum vaut aussi le détour pour ses sculptures monumentales en pleine nature.
C’est ici que le Japon m’a le plus surpris. Takayama, nichée dans les Alpes japonaises, offre un visage totalement différent du pays. Ses rues anciennes bordées de maisons en bois, ses marchés du matin où l’on déguste du bœuf de Hida grillé sur le pouce, et les villages classés de Shirakawa-go avec leurs toits de chaume en forme de mains jointes (gasshō-zukuri)… On se croirait dans un Japon figé dans le temps. Prévoyez une randonnée dans la Kamikochi Valley si la saison le permet : des paysages alpins à couper le souffle.
Kanazawa est souvent oubliée des circuits classiques, et c’est bien dommage. Son jardin Kenroku-en, l’un des trois plus beaux du Japon, est un chef-d’œuvre de paysagisme. Le quartier des samouraïs et celui des geishas (Higashi Chaya) respirent une élégance tranquille. Le musée d’art contemporain du 21e siècle, avec sa piscine en trompe-l’œil de Leandro Erlich, est un bijou.
Kyoto est inépuisable. Avec plus de 2 000 temples et sanctuaires, on pourrait y passer des mois. Mes coups de cœur : le Fushimi Inari et ses milliers de torii vermillon à l’aube (arrivez avant 7h pour éviter la foule), le pavillon d’or Kinkaku-ji sous la lumière du matin, et surtout les temples secrets du nord-est — Shisen-do, Enko-ji — où la contemplation prend tout son sens. La forêt de bambous d’Arashiyama est magique, mais privilégiez le tout début de matinée. Le soir, une balade dans le quartier de Gion vous donnera peut-être la chance d’apercevoir une maiko glissant silencieusement vers une maison de thé.
Osaka est le paradis des gourmands. Takoyaki (boulettes de poulpe), okonomiyaki (crêpes japonaises), kushikatsu (brochettes panées)… Le quartier de Dotonbori est un festin permanent pour les yeux et les papilles. L’ambiance y est plus décontractée qu’à Tokyo, les Osakiens ayant la réputation d’être les plus chaleureux du Japon. Le château d’Osaka mérite une visite pour son parc et la vue depuis le donjon.
Une excursion facile depuis Kyoto ou Osaka. Le parc de Nara et ses 1 200 cerfs en liberté sont un spectacle unique. Le Todai-ji abrite le plus grand bouddha de bronze du monde dans la plus grande structure en bois de la planète. Impressionnant, tout simplement.
Hiroshima est un passage obligé, à la fois poignant et porteur d’espoir. Le Mémorial de la Paix et son musée laissent sans voix. Puis, prenez le ferry vers l’île de Miyajima et son célèbre torii flottant — l’un des panoramas les plus iconiques du Japon. Si vous le pouvez, restez-y une nuit : l’île se vide des touristes au coucher du soleil et devient magique.
Les meilleures périodes : le printemps (fin mars à mi-avril) pour les cerisiers en fleurs, ou l’automne (mi-novembre à début décembre) pour les érables flamboyants. L’été est chaud et humide ; l’hiver est doux sauf dans les Alpes japonaises, idéales pour le ski.
Budget pour 3 semaines (par personne) :
Le Japon a la réputation d’être cher, mais avec un peu d’organisation, il est tout à fait accessible. Le JR Pass, les konbini et les hébergements type guesthouse permettent de maîtriser son budget sans sacrifier l’expérience.
Le Japon est de ces destinations qui vous transforment. Trois semaines, c’est assez pour tomber amoureux du pays, mais pas assez pour en faire le tour — et c’est tant mieux, car ça donne une excellente raison d’y retourner.
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